Afrocyberféminismes

la séance de mai

The Black Stars

Mercredi 23 mai / 19-21h

Conférence de Mawena Yehouessi (aka M.Y) et Tarek Lakhrissi
Performance de Kapwani Kiwanga

Afrogalactica II: The Black Star Chronicles, Kapwani Kiwanga. Courtesy the artist and Galerie Tanja Wagner, Berlin.

Cette séance est consacrée aux héritages de l’Afrofuturism, aux afrofuturismes des afrodescendant.e.s et au futurisme arabe.

Le terme « Afrofuturism » a été utilisé pour la première fois en 1994 par Mark Dery pour décrire une « science-fiction et une cyberculture du XXe siècle au service d’une réappropriation imaginaire de l’expérience et de l’identité noire. » L’Afrofuturisme trouve sa source dans la diaspora établie aux Etats-Unis, et est associé à des artistes comme Sun Ra, George Clinton et Octavia E. Butler. Avec More Brillant Than the Sun (1998) de Kodwo Eshun, l’Afrofuturisme devient le mot d’ordre d’une avant-garde esthétique et politique. La puissance de mobilisation et de subversion de l’afrofuturisme reste-t-elle intacte au XXIe siècle ?

Conférences

Mawena Yehouessi (aka M.Y)

Mawena Yehouessi est directrice artistique et fondatrice de la plateforme Black(s) to the Future. Elle explore les potentiels de l’Afrofuturisme au XXIe siècle et en Europe notamment à travers la pratique du collectif et du care. Son slogan : mettre en lumière la part « afro » du monde et « performer » le futur.

Tarek Lakhrissi

Tarek Lakhrissi est un écrivain et artiste basé à Paris. Diplômé en études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle - Paris III, travaille sur le langage et l'identité ou plus précisément sur le brouillage des identités. Il a réalisé en 2017 le documentaire diaspora/situations. Tarek Lakhrissi part du concept de Gulf Futurism, énoncé par l’artiste américano-qatarie Sophia Al Maria pour explorer l’hypothèse d’un « Arab Futurism s» .

Conférence performée

Kapwani Kiwanga

Conférence performée : The Black Star Chronicles.

Dans la trilogie Afrogalactica, un abrégé du futur, l'artiste canadienne Kapwani Kiwanga incarne une anthropologue qui vit en 2100 dans les États-Unis d’Afrique, Confédération constituée en 2058, 100 ans après la Conférence panafricaine des Peuples d'Accra.

Le chapitre 2, The Black Star Chronicles traite de la fabrication du genre et de la race. La conférence fait référence au travail d'Octavia E. Butler et Samuel R. Delany. En empruntant à leurs récits féministes, post-genres et queer, la performance examine des thèmes tels que la reproduction, l'innovation technologique et le mélange racial. La figure du cyborg à la fois comme modèle biologique et métaphorique est mise en relation avec les expériences africaines et diasporiques.

Gaîté Lyrique
Auditorium
3 bis rue Papin
75003 Paris

Tarif : 6 euros
(pass 6 séances : 30 euros)

dans le sillage d’Octavia E. Butler

Octavia E. Butler, afrofuturiste?

La tendance de Butler à séparer ses protagonistes noirs de leur famille natale, les forçant à se créer de nouveaux foyers parmi des étrangers, met à l’épreuve l’intention communautaire de l’Afrofuturisme. Bien qu’elle s’en approche au plus près en décrivant des communautés de travailleurs africains ou africains américains dans Kindred et dans certaines parties de Wild Seed, les familles noires dans ces récits sont brisées ou appartiennent au passé, et sont toujours supplantées par un présent et un futur racialement plus hétérogènes.
Peut-être que la lecture de Butler propose une version faible de l’Afrofuturisme : elle place une sensibilité afro-centrée au cœur de ses récits, mais ne projette pas la survie sociale ou politique de communautés traditionnelles racialisées. Au contraire, les ségrégations qu’elle imagine de la manière la plus puissante sont les fantastiques remplaçants que sont les Patternists et les Muets, les Oankali et les humains, les (vampires) Ina et les humains, les extra-terrestres aux formes d’insectes et les humains. Mais même dans ce cas, son projet est de trouver de la porosité entre des barrières biologiques apparemment logiques et insurmontables. Cette insistance sur l’hybridation au-delà de l’inconfort fait que le travail de Butler n'est ni précurseur du nationalisme culturel noir ni une adaptation au pluralisme libéral dominé par les blancs. Il excède nos manières communes de définir et de résoudre les politiques raciales.

De Witt Douglas Kilgore and Ranu Samantrai, A Memorial to Octavia E. Butler
Science Fiction Studies Vol. 37, No. 3 (November 2010), pp. 353-361
Lien vers l'article

ressources

Prochainement.

compte-rendu

Prochainement.

création visuelle

Prochainement.
XamXam a invité un.e artiste à créer une œuvre plastique en écho à cette séance.

fiction

Prochainement.
XamXam a invité un.e aut.rice.eur a écrire un texte en écho à cette séance.